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Une méta-analyse financée par la Fondation Bill et Melinda Gates et le Wellcome Trust britannique rappelle l’importance de l’allaitement maternel, y compris dans les pays industrialisés, et ce contrairement aux idées reçues.

La CoFam salue ce travail, qui réaffirme les bénéfices de l’allaitement pour la santé de l’enfant et de la mère et qui met en lumières les économies de santé publique que pourrait générer en terme de santé publique une véritable promotion de l’allaitement  maternel.

A cette occasion, la CoFAM a été sollicitée par le JT national de France 3 , pour évoquer ces travaux de recherche et la situation de l’allaitement en France.

Les chiffrent parlent d’eux-mêmes : en France, on compte 70,5% des femmes qui initient un allaitement en maternité, mais seulement 59% de façon exclusive (étude Elfe de 2011 [1]), quand des pays comme le Danemark, la Pologne ou la Suède ont des taux d’allaitement exclusif avoisinant les 90 %.

Le taux d’allaitement baisse très rapidement (étude Epiphane de 2012-2013 [2]) il passe à 35 % dès un mois (54% si on prend en compte les allaitements mixtes) et chute à 10% dès l’âge de trois mois (39% en incluant les allaitements mixtes).

Les cibles mondiales approuvées par les Etats membres de l’OMS pour 2025 visent à porter les taux d'allaitement exclusif au sein au cours des six premiers mois de la vie à au moins 50%. Force est de constater qu’on est loin de cet objectif puisqu’en France, seuls 1,5% des enfants de 6 mois reçoivent encore du lait maternel de façon exclusive ou prédominante (et 23 % de façon mixte).

Les moyens pour permettre à ces 70% de femmes de mener à bien leur projet d’allaitement font cruellement défaut, alors même que tout le monde a à y gagner.

  • Les professionnels de la périnatalité sont insuffisamment formés, et ceux qui le sont n’ont pas assez de temps dédié rémunéré à consacrer au soutien et à la résolution d’éventuels problèmes rencontrés par les parents ;
  • La reprise du travail est également un moment critique : l’heure d’allaitement prévue par le code du travail est peu connue et très peu respectée par les employeurs, et dans leur immense majorité, les femmes renoncent à faire valoir ce droit car le prix à payer professionnellement est trop élevé 
  • Enfin, en France, les mères ne peuvent pas toujours s'appuyer sur leur famille (et encore moins sur la société) car la culture d'allaitement a disparu,  si bien que les mamans sont exposées à bien des préjugés et des commentaires négatifs qui peuvent mettre en péril l’allaitement.

On entend souvent dire qu’en France, les femmes « abandonnent » trop tôt ou trop vite l’allaitement : vu cet état des lieux, ne devrait-on pas plutôt dire que ce sont les femmes qui sont « abandonnées », dans le sens où elles ne sont pas soutenues dans leur projet d’allaitement, faute de réelle politique publique ?

On entend également très souvent dire que vanter les bénéfices de l’allaitement maternel (sur la santé des enfants notamment), évoquer la supériorité du lait maternel sur les laits artificiels ou bien rappeler les recommandations de l’OMS – 6 mois d’allaitement exclusif et la poursuite de l’allaitement jusqu’aux 2 ans et plus de l’enfant – reviendrait à culpabiliser les femmes qui ont peu ou pas allaité.

Si l’allaitement est avant tout un choix individuel, c’est aussi une question de santé publique. Il est donc primordial de pouvoir délivrer une information loyale et complète à tous car elle seule garantit un vrai choix par les parents.

Il ne s’agit pas d’injonctions ou de "pression" visant à culpabiliser les femmes mais de recommandations afin que chacun puisse exercer son libre-arbitre en toute connaissance de cause.

Tous les parents devraient être accompagnés et respectés dans leurs choix parentaux qu’ils souhaitent ou non un allaitement. Par ailleurs, une des recommandations fortes de la CoFAM est  d'encourager les mères à participer dès la grossesse à des groupes de soutien de mères à mères et à identifier les professionnels formés et soutenant.

Si l’allaitement est une question de choix individuel, c’est aussi une question de société : la thématique de l’allaitement, comme celle de la maternité, nous amène à nous interroger sur la place des femmes – et des parents – dans la société et tout particulièrement dans le monde du travail : comment font les parents pour concilier leur vie familiale et leur carrière professionnelle ? Sont-ils discriminés de ce fait ? Comment font les mères pour poursuivre un allaitement pendant deux ans tout en travaillant, et alors que le congé maternité ne dure que quelques semaines ?

Les données sur l’allaitement, comme celles contenues dans cette étude mondiale, s’adressent tant aux politiques, qu’aux parents.

C’est en effet aux Etats qu’il revient de mettre en place des politiques de santé publique en agissant sur plusieurs terrains : campagnes d’information sur l’allaitement, mise en place de politiques permettant une reprise du travail compatible avec les objectifs de l’OMS, renforcement de la formation initiales et continue des professionnels de santé, encadrement des pratiques commerciales des entreprises commercialisant le lait artificiel, etc…

L’intérêt de cette étude qui porte sur 164 pays est de dresser un état des lieux global s’agissant de l’allaitement.  

Il est urgent d’en prendre note et d’y piocher des idées afin d’améliorer l’efficacité de la politique de santé publique en matière d’allaitement.

[1] Kersuzan c, gojard S, tichit c, thierry X, wagner S, nicklaus S. Prévalence de l’allaitement à la maternité selon les caracté- ristiques des parents et les conditions de l’accouchement. résultats de l’enquête elfe maternité, France métropolitaine, 2011. Bull epidémiol hebd. 2014;(27):440-9. http://www.invs.sante.fr/beh/2014/27/2014_27_1.html

[2] Salanave B, de Launay C, Boudet-Berquier J, Castetbon K. Durée de l’allaitement maternel en France (Épifane 2012-2013). Bull Epidémiol Hebd. 2014;(27):450-7. http://www.invs.sante.fr/beh/2014/27/2014_27_2.html

 


voeux

 

La CoFAM est un acteur important en France dans la protection et le soutien à l'allaitement maternel.  

Dans cette perspective, elle réalise des études comme Allaitement et précarité, elle édite des affiches, réalise des vidéos, organise la Journée Nationale de l'Allaitement, coordonne la SMAM,... 

Nous avons donc besoin de votre aide pour nous aider à poursuivre notre démarche auprès des parents souhaitant allaiter, des professionnels de santé, des associations de soutien,...

N'hésitez donc pas à rejoindre à la CoFAM en adhérant à notre association. Il suffit de vous inscrire sur le site et de suivre les démarches indiquées.

Vous pouvez également faire un don à la CoFAM.

Notre association étant reconnue d'intérêt général, vous pourrez bénéficier de réduction fiscale.

Merci pour votre soutien à la CoFAM et à l'allaitement maternel,
Bien à vous,
L'équipe de la CoFAM


Venez nombreux à la première projection en France du film Tigers, en présence d’Aurélie Serry, présidente de la CoFAM, le 21 novembre 2015 à 21 heures, au Forum des images, dans le centre de Paris! 

Cette projection a lieu dans le cadre du festival Un état du monde… et du cinéma qui s’attache “à découvrir par le cinéma de fiction ce que vivent les hommes au-delà de nos frontières, comprendre les enjeux géopolitiques du monde à travers le regard des réalisateurs, confronter les points de vue”.

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Tigers a été réalisé par Danis Tanovic (Prix du scénario à Cannes, César du meilleur premier film, Golden Globe et Oscar du meilleur film étranger pour No man’s land). Il est basé sur l’histoire vraie de Syed Aamir Raza, qui travaillait pour une firme internationale fabriquant du lait artificiel pour nourrissons et qui a décidé, à la suite d’une prise de conscience bouleversante, de dénoncer les activités de son employeur, au regard des conséquences graves sur la santé des enfants, dont il a été témoin.

Les enfants nourris au lait artificiel sont plus susceptibles de tomber malades que ceux nourris au sein. Dans les zones frappées par la pauvreté – où l’eau est insalubre et les conditions d’hygiène déplorables– ils courent même le risque de mourir.

Si l’allaitement est un processus naturel, il est aussi éminemment culturel : il est indispensable d’avoir un terreau favorable pour initier et poursuivre un projet d’allaitement.

Or comment avoir accès à une information complète et loyale dans un contexte de matraquage des industriels, qui expose plus particulièrement encore les personnes en situation de précarité à une publicité offensive ?

Ce film montre sans équivoque les conséquences du non allaitement en situation d'urgence et nous alerte sur les conséquences néfastes des accointances entre les entreprises commercialisant le lait artificiel et certains professionnels de santé.

Cette problématique n’est pas nouvelle, elle est au contraire tristement récurrente aux quatre coins du monde depuis des décennies.

Cette problématique ne concerne pas que des pays lointains contrairement aux idées reçues. 

cpprecariteAujourd’hui, l’extrême pauvreté touche également les pays industrialisés tels que la France, où le taux d’initiation à l’allaitement maternel est autour de 20 % pour les femmes en situation de précarité, et de 70% pour les autres femmes. On observe que les sevrages dans cette catégorie vulnérable sont plus précoces, elles sont 70% à arrêter le premier mois quand ce taux est de 40% pour les autres femmes.
A lire : Article Allaitement et Précarité sur le site de la CoFAM.

En 1981, l'Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) a adopté un Code International de commercialisation des substituts du lait maternel  pour protéger les nourrissons, allaités ou non et leurs parents des campagnes de communication insistantes des firmes.
A lire : Stratégie mondiale pour l’aliment alimentation du nourrisson et du jeune enfant de l’OMS

Ce code interdit notamment toute promotion du lait artificiel auprès du grand public, le recours à du personnel payé par les fabricants de lait artificiel pour contacter ou donner des conseils aux mères ainsi que les cadeaux personnels et les échantillons gratuits aux agents de santé.

Mais ce code, largement méconnu et peu appliqué, ne peut suffire pour contrebalancer la force de frappe des industriels du lait artificiel au regard des risques encourus par la population, notamment sa frange la plus vulnérable. 

Affiche CoFAM
© Delphine Presles

Le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN) auquel adhère la CoFAM et d’autres ONG continuent de collecter les violations systématiques des règles de commercialisation commises par les fabricants : allégations trompeuses, parrainage d’agents de santé, etc... Certaines firmes vont jusqu’à nouer des "partenariats" stratégiques pour séduire les mères et les professionnels de santé, améliorer leur image de marque afin de s’affranchir du Code et de tout contrôle !

Or cet encadrement des industriels de l’agroalimentaire est indispensable, que ce soit en France ou ailleurs. Il y va de notre santé et  de nos droits.

Il convient d’agir pour que le Code soit connu et respecté afin de mieux protéger les bébés et de garantir le droit à une information correcte et indépendante, seule à même de garantir un choix éclairé pour les parents.

En partenariat avec :

fdiMairie de Paris couleur

Renseignements et inscriptions : 

 Le film Tigers au Forum des images : http://www.forumdesimages.fr/les-programmes/un-etat-du-monde-et-du-cinema-2015/tigers

Les adhérents CoFAM et les journalistes peuvent nous Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour une invitation à la projection dans la limite des places disponibles.

A lire :le communiqué de presse (pdf)


logo cofam2Pour fêter la SMAM 2015, la CoFAM change de look !
Nouveau logo, nouvelle charte graphique, plaquette de présentation, nous avons voulu donner une nouvelle identité visuelle à la CoFAM.
Le fonctionnement et l'organisation du site n'ont, en revanche, pas changé !
En espérant que ce nouveau look vous plaise... Nous remercions la graphiste Pauline Brochard pour son travail, sa disponibilité et ses propositions ces trois derniers mois.
L'équipe de la CoFAM.


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