Lettres ouvertes

En France, dès qu'on parle d'allaitement maternel et/ou de maternage, on éveille des culpabilités, des peurs irrationnelles, des diktats. C'est que nous sommes, depuis des siècles, dans une culture de séparation et de non-allaitement : pour tenir leur rang social, les femmes donnaient leurs enfants à des nourrices, puis à des éducateurs ; cette coutume a perduré en France jusqu'au 20ème siècle, bien au-delà de ce qui se pratiquait en Europe où les nourrices ont été interdites dès le début du 19ème siècle.

Par ailleurs, les travaux scientifiques sur la physiologie de la lactation et sur les impacts biologiques, physiques et psychoaffectifs de l'allaitement maternel sont très peu enseignés aux professionnel(le)s de santé et sont très peu connus du public. Il en est de même pour les travaux sur le maternage et sur l'attachement. Rien d'étonnant alors que l'on soit, en France, si peu performant en matière d'allaitement et d'accueil du nouveau-né par rapport aux autres pays d'Europe. Rien de surprenant que les débats autour de l'allaitement maternel deviennent vite passionnels et irrationnels, y compris chez des professionnels et y compris chez des intellectuels.

Le but de la CoFAM est de « protéger » l'allaitement maternel et de soutenir les femmes qui souhaitent allaiter. La moindre des choses que pourrait faire notre Société, c'est d'abord de permettre aux femmes de faire un choix « éclairé » à partir de données objectives et validées scientifiquement, puis d'aider les jeunes mères à allaiter le temps qu'elles souhaitent.

Et, simultanémént, laissons tranquilles les femmes qui ont fait le choix éclairé de ne pas allaiter.

C'est dans cet état d'esprit que le Dr Pilliot, puis Aurélie Serry, présidents successifs de la CoFAM, ont réagi ouvertement, au fil du temps, à des propos délétères sur l'allaitement et/ou sur l'attachement, diffusés par des professionnels ou par des intellectuels largement médiatisés.



La CoFAM, par la voix de son président Marc Pilliot, réagit à la campagne d’affiche menée par la Fondation Nicolas Hulot du15 juillet au 8 août en France. L’image d’un sein dont s’écoule un liquide noirâtre utilisée pour frapper les esprits inquiète les professionnels de santé et les associations de soutien à l’allaitement maternel. Elle risque en effet d’induire les familles en erreur et de provoquer des sevrages dommageables pour la santé de l’enfant et de sa mère.

Oui, le sein est toujours sain, et les substituts industriels du lait maternel sont toujours inférieurs en qualité, y compris dans un environnement pollué. C’est pourquoi Marc Pilliot, au nom de la CoFAM, s’adresse à Nicolas Hulot et demande « de faire une mise au point dans votre campagne, voire de retirer votre affiche tellement ambiguë. »

A téléchargerLettre ouverte à Nicolas Hulot et sa réponse