Lettres ouvertes

En France, dès qu'on parle d'allaitement maternel et/ou de maternage, on éveille des culpabilités, des peurs irrationnelles, des diktats. C'est que nous sommes, depuis des siècles, dans une culture de séparation et de non-allaitement : pour tenir leur rang social, les femmes donnaient leurs enfants à des nourrices, puis à des éducateurs ; cette coutume a perduré en France jusqu'au 20ème siècle, bien au-delà de ce qui se pratiquait en Europe où les nourrices ont été interdites dès le début du 19ème siècle.

Par ailleurs, les travaux scientifiques sur la physiologie de la lactation et sur les impacts biologiques, physiques et psychoaffectifs de l'allaitement maternel sont très peu enseignés aux professionnel(le)s de santé et sont très peu connus du public. Il en est de même pour les travaux sur le maternage et sur l'attachement. Rien d'étonnant alors que l'on soit, en France, si peu performant en matière d'allaitement et d'accueil du nouveau-né par rapport aux autres pays d'Europe. Rien de surprenant que les débats autour de l'allaitement maternel deviennent vite passionnels et irrationnels, y compris chez des professionnels et y compris chez des intellectuels.

Le but de la CoFAM est de « protéger » l'allaitement maternel et de soutenir les femmes qui souhaitent allaiter. La moindre des choses que pourrait faire notre Société, c'est d'abord de permettre aux femmes de faire un choix « éclairé » à partir de données objectives et validées scientifiquement, puis d'aider les jeunes mères à allaiter le temps qu'elles souhaitent.

Et, simultanémént, laissons tranquilles les femmes qui ont fait le choix éclairé de ne pas allaiter.

C'est dans cet état d'esprit que le Dr Pilliot, puis Aurélie Serry, présidents successifs de la CoFAM, ont réagi ouvertement, au fil du temps, à des propos délétères sur l'allaitement et/ou sur l'attachement, diffusés par des professionnels ou par des intellectuels largement médiatisés.



Dans l'Express du 09 octobre 2003, Mr le Pr Marcel Rufo répondait à une interview où il précisait :

« Un sein qui allaite n'est pas un sein sexué. Lorsque la maman recommence à avoir des relations sexuelles - le plus tôt est le mieux - elle ne peut pas allaiter et se faire caresser un sein : ça ne se partage pas, un sein. Moi, je crois qu'au 3ème mois on peut le mettre à la crèche et reprendre le travail. Et lorsque je vois un garçon de 4 ans téter encore sa mère, je le signale au juge. Quand un gosse touche les seins de sa mère, elle doit lui dire : «Non, laisse-moi. Ce sont nos jouets à nous, ton papa et moi. Toi, tu as ta voiture.» Et il faut arrêter avec cette culpabilisation biologique, immunologique, etc… Quand une femme refuse d'allaiter, on doit la respecter ».

Devant de tels propos, le Dr Marc Pilliot a réagi par une lettre ouverte que vous trouverez ci-dessous.

A téléchargerLettre ouverte à Pr Rufo