Lettres ouvertes

En France, dès qu'on parle d'allaitement maternel et/ou de maternage, on éveille des culpabilités, des peurs irrationnelles, des diktats. C'est que nous sommes, depuis des siècles, dans une culture de séparation et de non-allaitement : pour tenir leur rang social, les femmes donnaient leurs enfants à des nourrices, puis à des éducateurs ; cette coutume a perduré en France jusqu'au 20ème siècle, bien au-delà de ce qui se pratiquait en Europe où les nourrices ont été interdites dès le début du 19ème siècle.

Par ailleurs, les travaux scientifiques sur la physiologie de la lactation et sur les impacts biologiques, physiques et psychoaffectifs de l'allaitement maternel sont très peu enseignés aux professionnel(le)s de santé et sont très peu connus du public. Il en est de même pour les travaux sur le maternage et sur l'attachement. Rien d'étonnant alors que l'on soit, en France, si peu performant en matière d'allaitement et d'accueil du nouveau-né par rapport aux autres pays d'Europe. Rien de surprenant que les débats autour de l'allaitement maternel deviennent vite passionnels et irrationnels, y compris chez des professionnels et y compris chez des intellectuels.

Le but de la CoFAM est de « protéger » l'allaitement maternel et de soutenir les femmes qui souhaitent allaiter. La moindre des choses que pourrait faire notre Société, c'est d'abord de permettre aux femmes de faire un choix « éclairé » à partir de données objectives et validées scientifiquement, puis d'aider les jeunes mères à allaiter le temps qu'elles souhaitent.

Et, simultanémént, laissons tranquilles les femmes qui ont fait le choix éclairé de ne pas allaiter.

C'est dans cet état d'esprit que le Dr Pilliot, puis Aurélie Serry, présidents successifs de la CoFAM, ont réagi ouvertement, au fil du temps, à des propos délétères sur l'allaitement et/ou sur l'attachement, diffusés par des professionnels ou par des intellectuels largement médiatisés.



A la fin de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel en octobre 2006, et à l’initiative de mères, a été organisé une « Grande tétée » en public, rassemblement de femmes allaitantes dans plusieurs grandes villes de France. Tous les médias en ont fait un écho positif et ému, sauf Mme Arrighi qui a écrit, dans le journal « Libération », des propos ironiques sur cet évènement. Cet article a provoqué un vif débat entre les lectrices et le journal. Puis, fin novembre et toujours dans « Libération », Mme Rotman a élargi la discussion avec ce « sacro-sein allaitement » qui culpabilise certaines mères.

En tant que président de la CoFAM, le Dr Marc Pilliot a souhaité réagir pour sortir le débat des passions irrationnelles et pour le tirer vers plus de sérénité et de tolérance. Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte qu’il a adressée aux journalistes et à la rédaction du journal. Certes, elle est longue, mais il s’agit d’un sujet trop vaste pour être traité en quelques lignes.

A télécharger : Lettre ouverte à Libération, janvier 2007

Après la publication de cette lettre, de nombreux lecteurs ont réagi et ont écrit à la CoFAM : des mamans, des professionel(le)s, des journalistes, des associations.
Vous trouverez l'essentiel de leurs réactions dans le document ci-dessous.

A télécharger : Lettre ouverte à Libération - Réactions des lecteurs