Lettres ouvertes

En France, dès qu'on parle d'allaitement maternel et/ou de maternage, on éveille des culpabilités, des peurs irrationnelles, des diktats. C'est que nous sommes, depuis des siècles, dans une culture de séparation et de non-allaitement : pour tenir leur rang social, les femmes donnaient leurs enfants à des nourrices, puis à des éducateurs ; cette coutume a perduré en France jusqu'au 20ème siècle, bien au-delà de ce qui se pratiquait en Europe où les nourrices ont été interdites dès le début du 19ème siècle.

Par ailleurs, les travaux scientifiques sur la physiologie de la lactation et sur les impacts biologiques, physiques et psychoaffectifs de l'allaitement maternel sont très peu enseignés aux professionnel(le)s de santé et sont très peu connus du public. Il en est de même pour les travaux sur le maternage et sur l'attachement. Rien d'étonnant alors que l'on soit, en France, si peu performant en matière d'allaitement et d'accueil du nouveau-né par rapport aux autres pays d'Europe. Rien de surprenant que les débats autour de l'allaitement maternel deviennent vite passionnels et irrationnels, y compris chez des professionnels et y compris chez des intellectuels.

Le but de la CoFAM est de « protéger » l'allaitement maternel et de soutenir les femmes qui souhaitent allaiter. La moindre des choses que pourrait faire notre Société, c'est d'abord de permettre aux femmes de faire un choix « éclairé » à partir de données objectives et validées scientifiquement, puis d'aider les jeunes mères à allaiter le temps qu'elles souhaitent.

Et, simultanémént, laissons tranquilles les femmes qui ont fait le choix éclairé de ne pas allaiter.

C'est dans cet état d'esprit que le Dr Pilliot, puis Aurélie Serry, présidents successifs de la CoFAM, ont réagi ouvertement, au fil du temps, à des propos délétères sur l'allaitement et/ou sur l'attachement, diffusés par des professionnels ou par des intellectuels largement médiatisés.



Le 11 juin 2011, le journal 20 minutes proposait un article en ligne sur "la naissance de la première vache clonée au monde comportant deux gènes humains, afin de produire un équivalent du lait maternel qui pourrait protéger les nourrissons contre des maladies et favoriser leur développement."
Aurélie Serry a rédigé un courrier afin de réagir à cette publication. 

A télécharger : Lettre ouverte au journal "20 minutes"