inhibiteurEn novembre 2013, le Conseil Scientifique de la CoFAM s'est réuni au sujet des inhibiteurs de la lactation, et plus particulièrement sur la Bromocriptine.

A lire : Recommandations sur la Bromocriptine

A lire : Diaporama des recommandations sur la Bromocriptine

Après une revue de la littérature le Conseil scientifique de la CoFAM a émis des propositions suivantes :

1) Il est en effet nécessaire de soutenir les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas allaiter après l’accouchement c’est à dire de :

  • les aider à assumer leur choix de ne pas allaiter (pudeur, rapport à leur corps difficile…etc)
  • les accompagner même si, bien informées des bénéfices de l’allaitement, elles renoncent à allaiter devant des difficultés,
  • les soutenir en cas d’impossibilité de l’allaitement alors qu’elles auraient volontiers allaité autrement
  • les informer d’une possible montée de lait (inconfort, tension mamaire, écoulement lactée…) 

2) Soulager et prévenir autant que possible les complications observées chez 30% des femmes non-allaitantes

  • Prescription d’un antalgique (paracétamol ou anti-inflammatoire comme ibuprofène ou kétoprofène)
  • Conseils locaux (application de cataplasme froid, massage mammaire et expression manuelle jusqu’à atteindre une “zone de confort”)
  • Ne pas restreindre son apport hydrique
  • Eviter le bandage des seins (cela ne fait que augmenter l’inconfort) mais leur conseiller de porter un soutien gorge adapté.

3) La prise d’un traitement inhibiteur de la lactation pourra éventuellement être proposé dans les cas de MFIU ou IMG. 
Nous recommandons le Dostinex® 0,5 mg (carbergoline 2 cp en prise unique ou 1cp jour pendant 2 jours). Bien s’assurer de l’absence de contre-indication avant toute prise médicamenteuse. 

4) Sensibiliser les professionnels de santé à prescrire des méthodes alternatives complémentaires (phytothérapie, homéopathie, acupuncture) pour la douleur et l’inhibition de la montée laiteuse. Mais celles-ci doivent être évaluées pour gagner en efficacité et pouvoir être plus systématiquement proposées, car à l’heure actuelle, si elles peuvent soulager la douleur, aucune méthode alternative n’a une efficacité démontrée dans l’inhibition de la lactation.

En conclusion, due à une balance benefice-risque défavorable, la bromocriptine n’a plus de place dans la stratégie thérapeutique de l’inhibition de la lactation.